Nicolas Sarkozy est désormas candidat officiel à l'élection présidentielle de 2007Ca commence mal pour Nicolas Sarkozy ! Tout d'abord les sondages ne sont pas bons... Ségolène Royal, selon le baromètre mensuel TNS Sofres/Figaro Magazine, voit sa cote s'envoler de 6 points en novembre. 61% des sondés souhaitent lui voir « jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir ». Nicolas Sarkozy perd deux points, passant de 50% à 48%. Quand à Jean-Marie Le Pen, il gagne un point et est crédité à 18%. S'il ne s'agit que d'estimations elles traduisent bien le climat actuel et les difficultés rencontrées par Nicolas Sarkozy, l'annonce de sa candidature n'a pas eu l'effet d'entrainement souhaité dans l'opinion. Dans le trio qui l'oppose à Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen il occupe la position centrale. Ce qui l'oblige à mener le combat sur deux fronts à la fois et face à deux adversaires de nature et d'idéologies totalement opposées. Qui plus est, il est le seul des trois à devoir défendre un bilan : la députée des Deux-Sèvres a toujours été tenue à l'écart du premier cercle de l'Etat et le chef du Front National, grand habitué des postures scandaleuses, n'a jamais réussi à s'allier avec qui que ce soit. De plus il n'y a à ce jour aucun analyste politique ou de sondage qui semblent indiquer que Nicolas Sarkozy ait réussi à entamer le capital électoral du Front National et ce malgré une pratique régulière de déclarations choc qui rappellent le style du chef de l'Extrême Droite. C'est en janvier que Ségolène Royal lui a donné rendez-vous pour faire le point sur son bilan. Il y a fort à parier que le Ministre de l'Intérieur en sorte amoindri, on assiste à une hausse record des agressions violentes contre les personnes (+20 % depuis 2002, alors que deux victimes sur trois ne portent pas plainte). Pourtant en 2002 le budget du ministère de l'Intérieur a cru de 5,8% et 13500 nouveaux fonctionnaires ont été embauchés. Et une évidence s'impose : l'insécurité était la priorité des Français en 2002, elle l'est à nouveau en 2007, le problème est toujours là… Enfermé dans son rôle d'homme dur et autoritaire, le patron de l'UMP ne semble pas en avoir tiré tous les bénéfices. Dans ce contexte il est difficile d'incarner la fonction présidentielle aux yeux des Français et de voir en lui « l'homme au-dessus des partis » ou « la rencontre entre un homme et le peuple » que la tradition de la Vème République exige. Ainsi est apparu le nouveau concept de « rupture tranquille » qui permet au président de l'UMP d'adoucir son image. Une rupture étant par définition un changement brusque, les Français seront-ils dupes ? Ce serait étonnant quand on sait que jusqu'à présent Nicolas Sarkozy a construit l'image d'un homme jusqu'au boutiste et qui assume ce qu'il est. Et comme si cela ne suffisait pas les écueils se sont accumulés… Son voyage aux Etats-Unis et sa poignée de main avec George W. Bush ont ressuscité ses prises de position sur le refus d'entrer en guerre contre l'Irak en 2003. L'invitation de Doc' Gynéco à l'université d'été de l'UMP a été fort mal perçue dans le milieu policier. Fin novembre le syndicat des gardiens de la paix et des gradés Alliance, proche du Ministre de l'Intérieur, a perdu sa première place au profit de l'Unsa, favorable à Ségolène Royal et au retour de la police de proximité. Une commission sénatoriale a d'ailleurs rendu un rapport favorable au retour de la dite police, supprimée par Nicolas Sarkozy. Quand à ses voyages au Mali et en Guadeloupe, les manifestations qu'ils ont déclenchées constituent une nuisance pour qui veut prétendre diriger le pays.
Quoiqu'il en soit Nicolas Sarkozy a conservé des atouts en main, l'UMP lui semble acquise et son omniprésence médiatique lui permet de faire la démonstration de son énergie. Mais pourra-t-il continuer à occuper le devant de la scène s'il quitte le gouvernement ? Ségolène Royal a su résister aux tirs venus de l'ensemble de la classe politique, y compris de son propre camp, qu'en sera-t-il du patron de l'UMP ? Comment fera-t-il pour « aller chercher un par un » les électeurs du Front National avec son concept de rupture tranquille ? Et enfin, pour reprendre une expression de Luc Ferry en personne, saura-t-il avancer malgré ses « adversaires chiraquiens qui le détestent » ?
Dans son dernier ouvrage, Pascal Sevran a défrayé la chronique en tenant des propos particulièrement durs sur la situation de la famine au Niger «Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout va. La mort est au bout de leur bite. Ils peuvent continuer puisque ça les amuse. Personne n'osera jamais leur reprocher cela, qui est aussi un crime contre l'humanité : faire des enfants, le seul crime impuni». Amené à s'expliquer sur le sens exact de ses mots il n'a pas hésité à surenchérir «Si des gens bien au chaud dans leurs certitudes ne supportent pas d'entendre ça, eh bien que les choses soient claires : je les emmerde ! Oui, il faudrait stériliser la moitié de la planète».
Johnny Hallyday a déclaré vouloir quitter la France pour des raisons fiscales. Il a essuyé un tir nourri de critiques de la part de l'ensemble de la classe politique. Pour François Hollande «Quand on a une conception de la République, de son pays, on reste payer ses impôts dans son pays». «Ce n'est pas justifié par la situation fiscale de notre pays», a déclaré M. de Villepin. Jacques Chirac a dit regretter la décision du chanteur et pour François Bayrou «Ce n'est pas un très bon exemple civique». Seul Nicolas Sarkozy, qui avait reçu le soutien appuyé du chanteur cet été, a décrété «ne pas vouloir faire de commentaires sur une situation personnelle».
Bruno Beausir, alias Doc' Gynéco, est un chanteur à succès de musique française. Comme Pascal Sevran il a, par le passé, affiché ouvertement des opinions politiques de gauche avant de soudainement changer d'avis. En 2006 il rejoint l'UMP et se range derrière Nicolas Sarkozy qu'il décrit comme un «petit maître à penser». Un ralliement qui a fait grand bruit. Notamment dans le milieu policier où certains considèrent qu'un ministre de l'Intérieur n'a pas à s'afficher avec quelqu'un qui a revendiqué ouvertement la prise de substances prohibées, pas vraiment un exemple pour la jeunesse de France... Pas un exemple non plus pour les contribuables de ce pays : début décembre 2006 Bruno Beausir a été condamné à pas moins de 700.000 euros d'amende pour redressement fiscal !!!
Laurent Solly, Chef de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur et directeur adjoint de sa campagne présidentielle.