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«Les Français ne veulent pas de cette société du précariat et de l’insécurité sociale. Ils en ont assez de devoir s’endetter pour boucler leurs fins de mois. Ils refusent que l’Etat, garant du pacte social, manque à ses devoirs de protection. Ils s’inquiètent des incertitudes qui pèsent sur l’avenir de leurs enfants. Quand le lien social se délite, c’est la Nation qui se fragilise.»
Ségolène Royal, Fête de la Rose de Frangy en Bresse, 20 août 2006

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Parti Socialiste

Jeudi 3 août 2006


Arnaud Montebourg, député socialiste et président de Rénover Maintenant a annoncé son soutien à Ségolène Royal.

Voilà un soutien de poids ! Arnaud Montebourg s'est forgé une image d'homme intègre et avisé, capable de payer le prix de ses idées. De plus, il a toujours été partisan d'un renouveau politique majeur. Après avoir fait le constat que sa propre candidature avait peu de chances de réussir, refusant les voies de la division ou de l'isolement, Arnaud Montebourg prône la mise en oeuvre d'une plate-forme capable de transcender les clivages, allant des alter mondialistes aux sociaux libéraux, réunissant les partisans du oui et du non lors du vote sur la constitution. Refusant de s'allier avec les « éléphants (qui) seront sévèrement sanctionnés pour avoir abusivement occupé l'espace politique du parti en empêchant l'avènement, par la transmission des compétences, d'équipes et d'idées nouvelles » il tend alors la main à Ségolène Royal. Car elle est la seule à ses yeux pouvant « conjurer le danger lepéniste et infliger une cruelle défaite à la candidature Sarkozy » mais aussi « réussir à se rassembler, réussir à nous renouveler, et réussir à tenir les promesses de la gauche ».

Lire la lettre complète d'Arnaud Montebourg


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Mardi 29 août 2006
Jacques Attali, économiste, écrivain, ancien conseiller de François Mitterrand
"Ségolène Royal, que j'ai eu la chance de rencontrer en 1980, qui m'a assisté dans la préparation de la campagne de 1981 et qui fut, ensuite, ma collaboratrice à l'Elysée. Je crois avoir été un des premiers, sinon même le premier à dire, publiquement, qu'elle avait toutes les qualités nécessaires pour exercer la fonction de chef de l'Etat. Son parcours actuel me confirme dans ce jugement."

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, maire de Nantes
"Elle rencontre une vraie résonnance dans le pays. Elle a raison de vouloir examiner sans complaisance nos décisions passées, de tirer par exemple les leçons de la manière dont les 35 heures ont été appliquées."

Julien Dray, porte-parole du PS, Vice-président du conseil régional d'Île-de-France
"Ce qui fait la force de la candidature de Ségolène Royal, c'est une confiance populaire et une confiance militante qui n'ont été qu'en se renforçant. Elle essaye d'incarner une pratique politique différente basée sur une volonté infaillible, un pragmatisme maîtrisé et surtout l'idée qu'elle doit parler juste."

Arnaud Montebourg, député socialiste et président de Rénover Maintenant
Ségolène Royal pourra "réussir à se rassembler, réussir à nous renouveler, et réussir à tenir les promesses de la gauche."

Malek Boutih, secrétaire national du PS
"Elle a eu des postes ministériels (...), elle a gagné une élection régionale contre l'ancien Premier ministre, monsieur Raffarin, d'une manière extrêmement brillante. Elle a une pratique politique et je pense qu'elle sait prendre son temps, elle sait dialoguer avec les Français. Il y a un temps pour tout, un temps pour la grande campagne électorale et un temps pour l'écoute. Il me semble qu'en ce moment, elle est à l'écoute du pays, plutôt que dans celui de donner des leçons."

Danielle Mitterrand, ancienne première Dame de France et présidente de la fondation France Libertés Fondation Danielle Mitterrand
Danielle Mitterrand déclare avoir "beaucoup d'affection" à l'égard de Ségolène Royal. Récemment, après avoir loué son courage, elle lui a déclaré : "Avec toi, tout est possible !"

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Samedi 7 octobre 2006
Le 29 septembre 2006 Ségolène Royal à Vitrolles

C'est Vitrolles, reprise à l'extrême droite en 2002 par le Parti Socialiste, que Ségolène Royal a choisi pour se déclarer officiellement candidate à la candidature. Elle y a pronocé un discours qui fera date dans l'histoire de sa démarche présidentielle. Morceaux choisis :

"La droite et la gauche, cela vient de loin : de la naissance de la République. Cela structure de longue date deux visions du monde, deux attitudes opposées face au désordre des choses et aux injustices, deux conceptions du rôle de la puissance publique.

Pour la droite, au fond, les inégalités sont naturelles, elles sont le prix à payer pour le dynamisme du marché et chacun, d’où qu’il parte, est seul responsable de son point d’arrivée.
Pour nous, l’égalité ne se borne pas aux droits théoriques des citoyens devant la loi : le combat contre l’inégalité des chances et contre sa reproduction héréditaire est au cœur de notre engagement. Pour nous, « il faut subordonner , comme l’écrivait Jaurès, les lois brutales de la concurrence aux lois supérieures de la vie » et donner à chacun les moyens de prendre effectivement son existence en main. Voilà pourquoi, pour nous, la liberté et la responsabilité individuelle, qui sont aussi des valeurs de gauche quoique parfois trop délaissées, appellent le renforcement des solidarités et des garanties collectives et non pas leur affaiblissement. C’est cela qui nous distingue de la droite."

"C’est parce que nous avons le courage de regarder la réalité en face que je crois, moi, la gauche plus capable que la droite d’assurer la sécurité des biens et des personnes tout en offrant aux jeunes qui dérapent autre chose que la prison pour les recadrer. C’est l’ordre juste et la sécurité durable.

Je crois, moi, que la gauche est plus capable que la droite de préparer l’avenir du pays, de faire éclore les activités et les emplois de demain en investissant massivement dans la formation, dans la recherche et dans l’innovation, qui ont été dramatiquement délaissées.

Je crois, moi, que la gauche est plus capable que la droite d’instaurer un ordre économique juste fondé sur un pacte à trois – entre les entreprises, les salariés et les pouvoirs publics – qui soutienne la compétitivité en misant sur le facteur humain, sur la formation professionnelle tout au long de la vie, sur la sécurité sociale professionnelle et sur l’excellence environnementale.

Je crois, moi, que la gauche est la seule capable de remettre l’éducation au cœur de tout, de remettre l’école d’aplomb, de remettre de la culture partout, sur tout le territoire, de donner à chaque enfant le droit à la culture et à une ambition scolaire ainsi qu’à la récompense de l’effort."

"L’honneur de la République, la fidélité de la France à ses idéaux, c’est aussi la lucidité d’une histoire partagée, dans une France respectueuse de toutes les mémoires, et accueillante à tous les siens, nés ici ou ailleurs.
C’est une France qui reconnaît, en 2001, l’esclavage comme crime contre l’humanité.
C’est une France qui demande, à juste titre, pardon pour la Rafle du Vel d’Hiv’ et le régime de Vichy.
C’est une France qui refuse de reconnaître des « aspects positifs » dans la colonisation, système de domination et d’asservissement.

Ce n’est jamais quand elle oublie ses valeurs mais, au contraire, quand elle les prend au mot et reste fidèle à elle-même que la France peut aussi, au-delà de ses frontières, parler du monde et au monde.
Car la Nation, pour la gauche, est indissociable d’une perspective plus large.
Car nous sommes de ce pays, la France, où l’on « vota la liberté du monde », où l’on fit une Constitution en pensant à l’univers entier.
Car «c’est en donnant aux peuples l’exemple et le signal de la justice » que la France se ressemble et se rassemble.

Je veux, avec vous, une France forte, qui retrouve sa place dans le monde et dans l’Europe. Parce que la France a besoin d’Europe pour mieux faire face aux dérives de la mondialisation. La France a besoin d’Europe pour être en paix à l’intérieur et sereine à l’extérieur, sans agressivité mais sans concession non plus sur ce que doit être son rôle.

Je m’oppose à une diplomatie rhétoricienne, sans crédit.
Je veux une diplomatie du partenariat exigeant, libre dans sa parole parce qu’un allié authentique est quelqu’un à qui on peut dire la vérité.

Je veux une France juste à l’extérieur de ses frontières car, dans un monde qui se déchire, hanté par les conflits de civilisation, la justice est ce à quoi nous aspirons tous à l’échelle de la planète, de Badgad à Kaboul ou à Guantanamo.
Pour agir efficacement pour la paix et la sécurité dans le monde, pour agir contre la faillite des Etats et contre les trafics de toutes sortes, il faut mettre le développement, la santé et l’éducation au cœur de notre politique étrangère."

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Lundi 13 novembre 2006

Pierre Mauroy, Premier ministre de 1981 à 1984

"Aujourd'hui nous constatons que Ségolène Royal incarne fortement cette volonté de changement voulue par tous les socialistes et la gauche, attendue par les Français. Une forte inclinaison en faveur de Ségolène Royal au sein du PS, entre en résonance avec un vaste mouvement populaire dont il serait irresponsable et surtout dangereux de contester la réalité. Ségolène Royal est devenue la plus qualifiée pour opérer un large rassemblement dans lequel tout le Parti socialiste, puis toute la gauche, se retrouveront."


Edith Cresson, Premier ministre de 1991 à 1992

"Elle s'est attaquée aux vrais problèmes [...] Quand on aura le courage en France de faire une vraie décentralisation il faudra s'inspirer d'elle !"


Jack Lang, ministre de la Culture de 1981 à 1986, de 1988 à 1992, ministre de l'Education Nationale de 1992 à 1993, de 2000 à 2002

"Une volonté et une seule m'anime : battre la Droite, Sarkozy, Le Pen. Cette volonté c'est celle qui m'a conduit à retirer ma candidature dans un esprit de discipline collective. Sans le rassemblement des Socialistes il n'y a pas de victoire. Notre devoir est de soutenir celle parmi nous qui a le plus de chances de vaincre la Droite."
"Elle est la seule, je dis bien la seule, à pouvoir l'emporter dès le premier tour. Or cette victoire dès le premier tour est très importante pour la victoire devant le peuple, elle lui donnera l'autorité morale, l'élan et la force nécessaire."

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Vendredi 17 novembre 2006

Une victoire claire et nette : Ségolène Royal a été déclarée candidate du Parti Socialiste pour les présidentielles de 2007 !

Lors du vote de désignation du candidat à la candidature, Ségolène Royal a réunit plus de 60 % des militants socialistes. Son score lui donne une confortable avance sur ses compétiteurs qui, par ailleurs, l'ont félicitée. Dominique Strauss-Kahn est à 20 % et Laurent Fabius 18%.
Pour ce dernier la déconvenue est de taille. Elle vient cloturer le mouvement initié lors du référendum européen lorsqu'il s'était prononcé en faveur du "non". Cet engagement ne semblait pas s'inscrire dans la ligne de la politique qu'il avait mené de 1984 à 1986 en tant que Premier ministre et de 2000 à 2002 au poste de ministre de l'Economie. Il est certain que pour un homme politique de cette stature son score est faible et s'explique par la difficulté qu'il a eu à se forger une crédibilité. Sans vouloir mettre en cause sa sincérité, il semble qu'en politique on ne peut détacher les idées de l'homme qui les porte. Ou tout au moins de l'image qu'il s'est construite. Quoiqu'il en soit nous avons tous pu apprécier dans cette campagne ses qualités d'orateur et sa capacité à se projeter en "homme d'état".
Le crédo de Dominique Strauss-Kahn, une social-démocratie assumée, s'implante progressivement dans le paysage politique français. Cette
social-démocratie s'inscrit dans une large dynamique européenne et est donc promise à un bel avenir. Un homme de son expérience n'a plus à faire ses preuves pour incarner la fonction présidentielle. Mais la conjoncture actuelle ne lui est pas favorable. La crise engendre un besoin fort de renouvellement difficile à porter dès lors qu'on semble, aux yeux des Français, être un homme de l'establishment. Sur les thématiques de l'environnement, de la sécurité ou de l'immigration les militants socialistes ont préféré Ségolène Royal !
Sa capacité à être en phase avec les priorités des Français démontre chez elle un flair politique très affuté. La façon qu'elle a eu d'emporter le Parti Socialiste, en conquérant d'abord les Français, témoigne d'une grande habileté et de son aptitude à conduire la tactique gagnante sur le long terme. Ce n'est pas sans nous rappeler le François Mitterrand qui,
à Epinay en 1971 prit les rênes du PS !

Rédigé par sego2007blr

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